La trentaine: des rides et de l’acné en même temps











{2 septembre, 2008}   Ma rentrée

C’est demain que les petits mousses vont remonter dans les gros mastodontes jaune pour aller se faire bourrer le crâne de plein de choses utiles.  C’est plus fort que moi, chaque année, la rentrée provoque chez-moi des élans de nostalgie.  Les odeurs du plastique neuf, le blanc éclatant des gommes à effacer, les crayons Prismacolors tous dans le bon ordre et des chaussures flambant neuves.  C’est aussi la crainte du nouveau professeur, les bagarres d’autobus scolaires et les amourettes de cour d’école.

Ma grande commence sa troisième année demain.  Il me semble que je me souviens très bien de ma troisième année.  Elle s’appelait Micheline et était sans doute une lesbienne non-affirmée qui n’aimait pas les enfants.  Elle était bête comme ses pieds, marchait comme un ours et avait la peau crevassée.  Je la détestais et j’en avais pour plus de 250 jours avec elle.

Un jour, ô malchance, je la croise chez le coiffeur avec ma mère.  On se sent obligés de discuter avec le prof dans ce temps là.  C’est à ce moment que j’ai appris qu’elle allait chez le coiffeur à toutes les semaines.  Non parce qu’elle était poupoune, loin de là, elle voulait garder ses cheveux courts… très courts.  Comme un ti-gars.

Un jour, tout le groupe était allé en excursion sur le bord de la rivière.  Un de mes camarades de classe m’avait posé une question quelconque.  Comme je ne connaissais pas la réponse, je lui avais dit: “Va voir la maîtresse.”  Eh bien, la “maîtresse” m’avait entendue.  Elle m’a E-N-G-U-E-U-L-É-E de toutes ses forces la chipie.

“Je ne suis pas une maîtresse, je suis un professeur.  Les maîtresses, c’était dans l’ancien temps.  Tu vas t’excuser…” me dit-elle sur on ton d’une vieille folle insultée.

Je me demande ce qu’elle est devenue?  Je vais aller voir dans Internet…

La seule information que j’ai trouvée, c’est qu’elle a produit la page couverture du livre souvenir du centième anniversaire du couvent de la paroisse. Dites-moi pas qu’elle était catholique en plus, je le croirais pas.

C’est le genre de bonne femme qui clamait le respect haut et fort et qui était la première à se moquer méchamment de ses élèves et de les humilier devant tout le monde s’ils ne connaissaient pas la réponse d’une équation.  C’est difficile d’avoir du respect tant d’années plus tard pour des bonnes femmes comme celle-là.  Si elle savait.

Tout ce que je souhaite aux enfants, c’est qu’ils aient de beaux souvenirs de leurs années d’élémentaire.  Ça me fait penser, il y avait aussi Rolande, Christiane, Yvette, les religieuses, Gaétan …  que d’histoires.


E.



Caro D dit :

Ah ben j’ai eu plus de chance avec mes maîtresses ! Pourvu que tes p’tits loups tombent sur des gentilles comme les miennes !



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et cetera