La trentaine: des rides et de l’acné en même temps











{2 décembre, 2008}   Qui dit tempête…

50 centimètres en 5 jours, c’est trop pour moi et on n’est que le 2 décembre.

J’habite dans une de ces villes bizarres où lors de l’annulation du transport scolaire, les écoles demeurent ouvertes, ce qui nous permet d’avoir une gardienne gratis les jours de tempête.  C’est pas si pire comme idée quand on y pense.   Hier, je devais aller chercher les 2 miens et les 3 petits voisins.  Calcul rapide, 5 enfants.  Ma voiture ne peut en transporter que 3 en plus de ma personne.  Mais Eugénie est prête à tout pour respecter ses engagement.

“On va aller chercher les enfants en traîneau!” — Très très mauvaise idée.

L’école n’est pas très loin de la maison, à peine 15 minutes de marche.  J’ai la certitude que les enfants âgés entre 4 et 8 ans seront capables de marcher jusqu’à la maison.  Mais j’habite dans cette ville bizarre où le déneigement ne fait pas partie des priorités budgétaires municipales.

Je pars donc à pied avec la soeur aînée des p’tits voisins (17 ans), nous avons chacune nos traîneaux sous le bras et on part.  Cool l’hiver!  De petits flocons glacés nous gèlent les joues, les voitures nous aspergent de slush et nous marchons en plein milieu des rues, faute d’avoir des trottoirs.  Nous sommes grandes, nous mettons 15 minutes pour nous rendre à l’école, mais nous n’avions pas planifié notre retour.

En criant pour se faire comprendre parce qu’il y a du vent, de la neige, du trafic et des enfant:

Eugénie: Je pense qu’on va passer par en bas, les trottoirs ne sont pas déneigés par le haut de la rue, on prendra l’escalier et ensuite le petit pont blanc.

Aînée de 17 ans: O.K., on va demander aux enfants de se suivre à la file indienne.

Eugénie criant plus fort: LES ENFANTS, ON RESTE À LA FILE INDIENNE LE LONG DU BANC DE NEIGE.  ON DOIT MARCHER DANS LA RUE, ALORS PERSONNE NE SORT DES RANGS.

Les 5 petits, âgés entre 4 et 8 ans je vous le rappelle, me regardent étrangement.  Ils ne sont pas fous, ils ne veulent pas marcher dans la rue.  Mais ils sont bien élevés et obéissants.

Tout au long du chemin, nous avons dû les avertir au moins 40 fois, mais nous étions loin du but.

Eugénie déjà à bout de nerf: Merde, on ne peut pas prendre le petit escalier, les trottoirs ne sont pas encore déneigés de l’autre côté de l’escalier, prenons l’artère principale, ils doivent bien l’entretenir celle-là.

Aînée de 17 ans qui trouve que je prends de mauvaises décisions: Es-tu sûre?

Eugénie: Ouaip!

C’est à ce moment que j’ai réalisé que nous avons parfois besoin d’un plus petit que soi.

Nous avons marché, contre la tempête, dans un banc de neige compacte brune avec des traces de pas enfoncées pendant une demi-heure.  CAUCHEMAR.  Les petits braillaient, ils avaient mal au corps, on n’a pas pu utiliser les traîneaux parce que le banc de neige était trop raboteux.  Il a même fallu marcher dans la rue avec les petits… artère principale, dois-je le rappeler.

En plus, les automobilistes, que je devrais traiter de trouduc nous faisaient des signes impolis au lieu de nous donner un lift.

J’admets que je suis un peu zouf, mais ils sont aussi zouf que moi.

Enfin, crevés, vidés, écoeurés et gelés, on arrive à la maison 45 minutes après notre départ.  Les enfants sont fâchés contre moi, pis l’aînée de 17 ans aussi.

Qui c’est déjà que je traitais de trouduc?

E.




{27 novembre, 2008}   La vie continue

Demain, ce sera un grand jour au travail.  Mon collègue qui travaille au bureau depuis presque 30 ans prend sa retraite demain.  Vous savez, il y a des gens qu’on a hâte de voir partir à la retraite : “Bon débarras”, mais pas lui.

Il nous parle de sa retraite depuis au moins 5 ans et sa job, je la voulais.  Je la voulais très très fort.  Son poste a été affiché il y a quelques semaine et… je n’ai pas postulé.  Pourquoi?  Je vous raconterai plus tard.

Mon cher collègue part demain et je braille comme une Madeleine depuis une semaine.  Je vais devoir apprendre à travailler avec un nouveau collègue.  On verra. 

On va l’entourer, on va lui dire qu’il va nous manquer et puis… la vie va continuer.

Bonne chance mon ami!

 

E.



{18 novembre, 2008}   Tidown

J’ai un p’tit down.  Ça m’arrive de temps en temps.  Je trouve que dans ces conditions, je peux me permettre des âneries.  Pour votre plaisir, voici ma plus récente.

“Une fois que tu as passé l’arme à gauche, tu ne peux plus changer ton fusil d’épaule.”


Excusez-la.


E.



{13 novembre, 2008}   La fée des citrouilles

La fée des citrouilles est passée chez-nous la nuit dernière.

Vous ne connaissez pas la fée des citrouilles?  C’est la meilleure amie des parents qui en ont marre des bonbons d’Halloween.  Source de conflit entre le retour de l’école et l’heure du dessert.

La fée des citrouilles est ce petit personnage merveilleux qui, une fois par année, vient chercher les surplus de bonbons des enfants pour les distribuer aux moins bien nantis de ce monde.  En échange, la fée remet aux enfants un petit cadeau pour les remercier.

Hier soir, les petits Génie ont déposé le reste de leurs bonbons près de la porte d’entrée dans l’espoir que la fée des citrouilles les prenne pour les p’tits pauvres.  Les petits Génie portent bien leur nom de famille cependant.  Ils ont tenté de négocier la quantité de bonbons qu’ils allaient céder.  Mais comme nous sommes d’une générosité exemplaire, Papa Génie et moi avons réussi à les convaincre que la fée savait tout, comme le père Noël.

Il est évident que nous n’aurions rien gagné si on leur avait dit qu’on n’était plus capables de les entendre se tirailler pour savoir qui allait avoir le dernier Tootsie Roll.

Ce matin, à mon réveil, je me suis transformée en fée des citrouilles.  J’ai pris tous les bonbons laissés généreusement par mes enfants en échange de deux petits cadeaux et j’ai emmené tous les bonbons au bureau.  Mes collègues, ces pauvres enfants qui n’ont pas de bonbons à Halloween, étaient débordants de joie.  Mes enfants, encore sous le charme des conte de fées, sont ravis.

- Est-ce que je me sens indigne?

Non, pas du tout.  Non seulement j’inculque des valeurs de partage, mais en plus, j’en profite.

La vie est si bien faite.

E.



{31 octobre, 2008}   Le cas Tampax

J’ai une collègue qui me suce du jus.  C’est le moins que l’on puisse dire.

À chaque fois que je dis quelque chose, elle s’obstine.  Elle entre dans ma bulle quand c’est pas le temps.  Elle est un peu pas mal envahissante.  Elle n’est pas une mauvaise personne pour autant.  Au contraire, en cas de besoin, elle est généreuse comme pas une. 

Je l’appelle Tampax.  Elle est pratique quand on en a besoin, mais quand elle m’envahit, je la sens comme UN TAMPAX MAL PLACÉ.

E.



{14 octobre, 2008}   Pitbull et graffitis

J’ai assisté à un événement troublant vendredi.  Un gros pitbull a attaqué un vieux chien blanc à poils longs (s’cusez, j’connais pas la sorte).  Le pitbull a sauté sur le chien blanc, l’a mordu au sang à la hanche.  Le propriétaire du pitbull, un jeune yo s’est mis à engueuler la propriétaire du vieux chien blanc, une dame âgée.  La vieille dame avait un autre chien avec elle, noir celui-là.  Comme je suis arrivée au mauvais endroit au mauvais moment, elle m’a demandé de tenir la laisse de son chien noir pendant qu’elle prenait soin de son chien blanc.  Le jeune yo pendant ce temps, l’engueulait.  Il lui disait que ses laisses étaient trop longues et que c’est pour cette raison que son pitbull avait attaqué.

Samedi, on est allé se promener dans le bois.  À Onaping Falls, plus précisément.  Superbe endroit qui a inspiré A.J Jackson, membre fondateur du groupe des 7 (ça, c’est pour faire péteux).  La rivière Onaping descend sur plusieurs kilomètres en pente assez abrupte avec d’immenses pierres qu’elle doit contourner.  C’est superbe.  Sauf quand c’est écrit “Julie was here, July’07″.  Pis je m’en sacre que Joe soit venu déclarer son amour à Sandra en grosses lettres blanches sur pierre mouillée.  Il y en avait partout des maudits graffitis.

Attention, à ne pas confondre avec l’art et les murales inspirées.  “Life sucks” gâche un peu le paysage.

Aujourd’hui, je me suis pognée avec un collègue au travail qui, à mon avis, en fait un peu trop pour “nous protéger” et qui ééééttttaaaalllleeee son eeeessssppppéééérrrriiiieeennnccceeee pour nous montrer qu’il en sait des choses.  J’ai essayé d’être polie.  Mais je pense que sa laisse était trop longue.  J’ai attaqué.  Il n’a pas saigné cependant.  Si le graffiti verbal existe, c’est imprégné dans l’air ce que je pense de lui.  Je l’ai dit assez fort.

On voit bien ce qu’on veut voir dans la vie non?


E.



{7 octobre, 2008}   Le manque d’inspiration

Avez-vous déjà manqué d’inspiration?

C’est en train de m’arriver, maintenant.  Depuis des semaines, j’ai l’impression que je n’ai rien à dire.  Veuillez m’en excuser.  En fait, c’est plus ou moins vrai, si je vous parlais de politique fédérale, j’aurais plein de chose à dire, mais je refuse de parler de politique ou d’actualité dans cet espace.

Il y a plein de sujets sur lesquels je pourrais discourir pendant longtemps.  Par exemple, le mauve qui revient à la mode.  Ça m’énerve.  Je n’aime pas le mauve.  Trop vieillot, manque de lumière et ne me va pas du tout.

Il y a aussi ma fille qui pète des crises de pré-ado.  Si je suis aussi méchante qu’elle le dit, vous devriez me rebaptiser Cruella DuVillage.

C’est sans compter ma collègue qui est un peu trop “loud”. Le genre de personne à qui tu dis blanc et qui répond noir systématiquement et qui revient au blanc quand tu as le dos tourné.

Je pourrais vous parler de ma vie sexuelle, mais mon chum veut pas.  Je pourrais vous raconter mon nouveau dada aussi.  Je mets de l’eau de linge parfumée à la lavande partout et ça sent merveilleusement bon.

J’ai le rhume aussi.  J’ai décidé de rester au lit et faire comme si j’avais une grippe d’homme.  Ça fait du bien.

Il y a le plus récent Khadra que je viens de terminer et que je n’ai pas aimé tant que ça.

C’est pas drôle manquer d’inspiration et avoir tant de choses insignifiantes à raconter.

E.



{20 septembre, 2008}   La polynamie

On a reçu des ti-namis à dormir hier.  Ils sont super allumés.  Le ti-nami garçon de 4 ans me parlait du bastingage de son bateau de pirate et sa grande soeur de 9 ans nous racontait comment elle avait remporté le concours d’art oratoire régional.  Ils ont vraiment une bonne influence sur mes petits génis.  J’ai constaté, par contre, qu’on avait beaucoup d’idées reçues sur la capacité de compréhension des enfants.  Surtout quand il est question de polygamie.

Mon fils et le ti-nami garçon sont inséparables.  Je dirais plus, ils s’aiment à la folie.  Voici un extrait de notre discussion au souper hier soir.


Ti-nami garçon: Génironimo a dit qu’il va se marier avec 2 garçons quand il va être grand.

Génironimo: Oui, je vais me marier avec Ti-nami et Brandon.

Eugénie: Hahaha!  Le mariage entre conjoints de même sexe est maintenant légal, mais la polygamie, homosexuelle ou pas, ce n’est pas possible ici.

Ti-nami garçon: C’est quoi la polynamie.

Eugénie: ???  Euh, la polyNAMIE???  On dit plutôt la polyGAMIE ?  C’est quand un homme a plusieurs femmes ou une femme a plusieurs maris.

Grande Soeur: Ouais, c’est interdit par la loi.  Mais dans certains pays, comme en Afrique, ils ont le droit.

Génironimo: C’est pas grave, je vais me marier quand même avec Ti-nami garçon et Brandon quand même.

Grande Soeur: Hahaha!  Tu n’as vraiment pas besoin de la loi toi!


On en reste bouche bée.


E.



{16 septembre, 2008}   C’est pas Mini-Génie pour rien

Hier soir, nous regardions les dernières minutes du nouveau téléroman Les Parent.  Le couple discutait de la possibilité d’offrir “une carotte”, une forme d’encouragement pour que leur plus jeune fils obtienne de meilleurs résultats à l’école.  Le père suggère de lui offrir des billets de hockey.  La mère doute un peu, mais finit par accepter.  À la condition que le petit obtienne des “A”.

Mini-Génie: Ça marchera jamais leur affaire.

Eugénie: Pourquoi?

Mini-Génie: Le hockey, ça marchera pas.  Ils devraient au moins l’emmener au Musée des Civilisations.

Que dire de plus.

E.



{11 septembre, 2008}   Femme ou fille

L’autre jour, j’étais au Grand ciel bleu avec La Sulfureuse et on discutait féminité.

Eugénie: Je me demande c’est quoi la limite entre femme et fille.  Maintenant que j’ai 33 ans, âge avec lequel je vis bien mal, je n’arrive plus à me sentir fille.  En même temps, je me trouve trop jeune pour être une femme.  Ma mère c’est une femme, la députée là bas, c’est une femme, mais toi pis moi, je nous trouve dans une dimension non-définie.

La Sulfureuse: Quand j’étais enfant, ma mère m’a toujours dit que quand j’aurais mes règles, je deviendrais une femme.  Mais, c’est cliché.

Eugénie: Entre toi et moi, penses-tu que le fait de voir quelque chose saigner dans tes bobettes te rend plus mature?  No way!  Tu te retrouves avec au moins un problème de plus à gérer… cycle menstruel, relations sexuelles, les gars, les boutons… Heille! C’est là que tu comprends que devenir une femme c’est un maudit paquet de troubles.  Aussi bien rester fille.

La Sulfureuse: Ouais… ça a quand même certains avantages d’être femme.  Tu peux faire valoir ton expérience, tu as l’impression de savoir plus de choses et les gens t’écoutent.

Eugénie: Ah oui? Je dois être une femme maintenant parce que je suis en mesure de discourir longtemps sur le contenu des crèmes anti-rides, que je peux te parler de la relation privilégiée que j’entretiens avec Miss Clairol et sur la loi de la gravité.

La Sulfureuse: La loi de la gravité?

Eugénie: Pour toi, je ne le sais pas, mais je te garantis qu’à 33 ans, après deux enfants, tu as la certitude que tout ce qui a déjà pointé vers le haut, finit par pointer vers le bas.

La Sulfureuse: T’as qu’à voir le bon côté des choses.  Exploite les deux quand tu veux.

C’est noté, j’exploite.  Ma nouvelle maxime: “Même si ça pointe vers le bas, tu réussis à faire pointer vers le haut.”


E.



et cetera